Sauvetage des Orchidées

Sauvetage des Orchidées

Des étendues vertes à proximité de Beyrouth ? Une vie sauvage aux alentours de la capitale ? Et en 2013 ?

Oui, effectivement, des étendues vertes existent tout près de Beyrouth ! Elles sont très rares, certes, mais elles existent quand même. Une, en particulier, nous intéresse ; celle de l’autoroute rapide du Metn.

Cette autoroute a fendu le cœur du dernier refuge de vie sauvage à proximité de Beyrouth. Depuis sa construction et son ouverture, on la voit se fragmenter et se rétrécir comme peau de chagrin. Ce que peu de gens savent c’est qu’en dessus du couvert végétal dense et coloré, des formes minuscules rares et précieuses poussent tranquillement à l’abri des humains et de l’urbanisation sauvage. Entre autres, des orchidées terrestres peuplent ces lieux. Au moins 5 espèces différentes, discrètes, et raffinées, s’y trouvent. Certaines sont très rares et protégées à l’échelle du Bassin méditerranéen.

Conscients du danger qui les guette et de la furtivité de leur période de floraison, période à laquelle on peut noter leur présence facilement, une campagne de sauvetage de ces plantes s’est organisée sur un site dont l’urbanisation est imminente.

Sous l’égide de l’Opération 7ème jour et en collaboration avec Jouzour Loubnan, Mme Magda Bou Dagher Kharrat a rassemblé une équipe de volontaires pour se rendre sur le site à la sortie de Nahr el Mout et procéder au sauvetage de ces orchidées. L’action a eu lieu le 28 Mars 2013. Trente-trois étudiants de la Faculté des Sciences de l’USJ (campus Mkalless – et campus Saida) ont été accompagnés par Mme Magda BOU DAGHER, Mme Rana EL ZEIN et Mr Jean STEPHAN (enseignants) et plusieurs volontaires de l’Université libanaise.

Chaque groupe d’étudiants s’est vu remettre des photos des différentes espèces d’orchidées à chercher, des pioches fournies par l’ONG et des sacs ou des cartons pour y placer les orchidées.

Après plusieurs heures de marche et de recherche, 160 orchidées ont été déterrées avec leur godet de terre autour de leurs racines pour maximiser les chances de la réussite de la transplantation.

Il est à noter que ces orchidées vivent en étroite symbiose avec des champignons, nécessaires à la germination de leurs graines et à leur bon développement.

Un nouvel emplacement écologiquement similaire à leur milieu d’origine a été choisi. Il s’agit du Campus des Sciences et Technologie de l’Université Saint-Joseph, qui abrite un bon nombre de conifères et d’arbres. Les orchidées, là-bas, seront en sécurité.

Des pancartes fabriquées par les étudiants permettent de signaler leur présence. Le Campus Sciences et Technologie souhaite la bienvenue à ses nouveaux colocataires.

Si les plantes à bulbes sont relativement faciles à transférer d’un site à l’autre, ce n’est malheureusement pas le cas pour un très grand nombre d’espèces végétales qui ne se dispersent que par le biais de leurs graines. Pour sauvegarder rien une partie de ces ressources génétiques, une récolte de graines tout au long de l’année, et pendant plusieurs années, est indispensable. Aurions-nous le temps ?  Peut-on espérer que des citoyens, avertis et sensibilisés, choisiront de ne pas raser complètement leurs terrains ou de les transformer drastiquement en béton ?  Peut-on espérer que la vie continue ?

 

Mirabelle Joseph Alam

Licence SVT, Faculté des Sciences, USJ

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