GREATMED

Discours du Pr Salim Daccache s.j., Recteur de l’Université Saint-Joseph, à l’occasion de la conférence finale de restitution des résultats du projet européen GREAT Med intitulé « Final dissemination conference of the GREAT Med project »

Discours du Pr Salim Daccache s.j., Recteur de l’Université Saint-Joseph, à l’occasion de la conférence finale de restitution des résultats du projet européen GREAT Med intitulé « Final dissemination conference of the GREAT Med project » financé par le programme Européen ENPI CBC Med, le mardi 1er décembre 2015, au Campus de l’innovation et du sport.

 

Messieurs les vice-présidents des municipalités de Beyrouth et de Byblos,

Je voudrais vous dire que vous êtes les bienvenus à cette séance finale de dissémination des résultats du projet GREAT Med financé par le programme Européen ENPI CBC Med. Vous êtes à Beyrouth et à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth qui est une des Universités de la Méditerranée depuis plus de 140 ans, son âge de jeunesse. Notre Université n’est pas seulement une université de la Méditerranée mais au service de cette mer et du pourtour de la Méditerranée. Aujourd’hui, cette conférence restituant des résultats de recherches de deux années par des équipes de plusieurs universités, coordonnées par Magda Bou Dagher Kharrat de la FS – USJ, est un témoignage pertinent de ce que l’USJ peut donner à la mer méditerranée. C’est notre destin que d’aimer notre mer comme elle, elle nous aime en nous donnant beaucoup et tous les jours.

À l’heure où les différences de culture, de religion ou d’opinions sont utilisées comme un prétexte pour diviser et pour terroriser, souligner ce qui nous unit et ce qui scelle nos destinées S’IMPOSE.

Le littoral Méditerranéen se dessine comme un collier de grande valeur. Chacune de ces cités littorales est une pierre précieuse : toutes différentes, toutes singulières : Beyrouth, Antalya, Athènes, Rome, Marseille, Barcelone, Tanger, Alger, Tunis, Alexandrie, Haifa,…..  Toutes différentes, toutes singulières mais toutes méditerranéennes.

Influencées par la richesse de leur arrière-pays, les villes côtières fonctionnent comme des « hub », convergeant les richesses provenant de ces arrière-pays et les aiguillant vers d’autre rivages, depuis les Phéniciens jusqu’à nos jours.

Berceau des civilisations, ces cités méditerranéennes au développement inégal sont le théâtre de forte pression anthropique. Selon le « Plan Bleu » : Le futur de la Méditerranée dépend des villes qui l’entourent. La population autour de la Méditerranée est urbaine et croissante : la moitié de la population vivait en ville dans les années 50. Elle atteindra 75% en 2030. Le 1/3 de cette population urbaine sera installé en zone côtière.

Ajoutons à cela l’impact des touristes : avec plus de 150 millions de touristes/an, la Méditerranée est la première destination touristique mondiale. Tout cela se traduit par un étalement urbain en terre et empiètement sur les zones marines. Le Liban en est un exemple foudroyant.

Les perturbations et la pollution dans une zone littorale d’un pays, toucheront les rivages des autres pays riverains. C’est pour cela que, plus que toute autre problématique environnementale, une approche globale de remédiation à l’échelle de la Méditerranée s’impose comme prioritaire.

En plus de l’impact anthropique, la Méditerranée figure parmi les points chauds du réchauffement climatique : les impacts environnementaux et socio-économiques risquent d’y être plus prononcés. Une augmente de 2 degrés sur une échelle de 100 ans pourrait avoir de graves conséquences.

Hier, à Paris la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques a débuté. C’est la 21e Conférence des parties : la COP21. Elle rassemble tous les pays désireux d’agir pour le climat. Des engagements pour prendre des mesures drastiques pour la remédiation et la prévention environnementale en Méditerranée sont attendus.

 

Les décideurs ont besoin de conseils scientifiques pour les guider dans leurs démarches au niveau des zones côtières. Il est essentiel de comprendre les risques sous-jacents et d’identifier les mesures d’intervention appropriées.

L’élaboration d’une méthode pour évaluer les vulnérabilités actuelles et futures et les risques de catastrophes touchant les côtes sera la bienvenue. Et c’est ce que ce consortium de chercheurs réunis aujourd’hui a essayé de faire durant ces deux années passées. Financés par le programme européen « ENPI – CBC MED pour la Coopération Transfrontalière en Méditerranée », ils se sont affairés à cataloguer la biodiversité en Méditerranée et cartographier les menaces afin d’établir un indice multi-échelle des risques côtiers particulièrement adapté pour aider à la prise de décisions malgré des ressources faibles et des données locales limitées.

Je souhaite au projet GREAT Med une bonne réunion de restitution des données et des discussions fructueuses avec les parties prenantes : représentants des ministères concernés, municipalités, NGOs …derrière toute manifestation réussie comme celle-ci, il y a des personnes qui aiment réussir tout en se fatiguant. C’est pourquoi je n’oublie pas de remercier toutes les personnes qui ont préparé cette réussite qui aura de bons effets sur la promotion

Je salue le courage des partenaires Méditerranéens qui ont fait le déplacement malgré la situation sécuritaire compromettante et vous souhaite à tous la bienvenue à l’Université Saint-Joseph.

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